Dans une entreprise, il est
courant de devoir travailler avec des Linuxiens. Moments délicats, quelquefois sources d'anxiétés, il convient de mieux cerner leurs personnalités afin de gérer au mieux ces cas souvent
catalogués au rang de "difficiles"
La grande différence avec les Linuxiens, c'est qu'un utilisateur de Windows n'existe pas par rapport à un système qu'il utilise
En fait, il s'en contrefiche même pas mal
Les Linuxiens vivent et s'identifient à travers un "système", ce que les gens normalement équilibrés trouvent grotesque, et adorent s'afficher comme "N'utilisant pas Windows !"
(Le comble: se "sentir libre" en vivant à travers quelque chose...)
Le Linuxien parlera sans cesse de son système, de ses avantages, de son haut niveau de performance, de sa capacité à fonctionner sur un
téléphone portable, un super ordinateur, la station spatiale, ou même un frigo, j'en passe, c’est sans limite, pourvu qu’on reste empêtré au niveau de la filasse, des transistors et des
pixels KO
L'utilisateur de Windows, lui, ne sais même pas qu'il utilise Windows. Il veut un ordinateur pour créer, communiquer, partager, échanger, se
divertir, bref, faire un maximum d'activité qui ne lui rappelleront jamais qu'il utilise une machine
On verra une grande différence de maturité entre ces deux attitudes
La première ne menant qu'à démontrer au reste du monde le bien fondé de son idée, l'erreur dans laquelle se trouvent les autres, et surtout, ses connaissances supérieures. L'aboutissement ultime étant Linux, qui tel un miroir déformant, renvoie à son utilisateur sa propre image, un peu plus belle, plus grande, plus convaincante, plus finie aussi. Un utilisateur de Linux parlera surtout…de Linux, et sera peu souvent intéressant, constamment perdu dans des comparaisons techniques sans importances
La seconde fait abstraction de l’outil ; ici, on cherche à s’enrichir et échanger, et l’outil devient alors totalement transparent, il n’est qu’une simple extension de son imagination
Autre exemple intéressant, je parle de vécu, associé au monde automobile
Pour un Linuxien, un bon conducteur est une personne possédant des connaissances théoriques de la mécanique, sachant expliquer le fonctionnement des pistons et autres cylindres, à même de dépanner sa voiture tout en étant capable de faire un tourner sur route enneigée assis sur la banquette arrière
Pour un modeste utilisateur de Windows, un conducteur est une personne ayant passé son permis, respectueuse des règles de la circulation et sachant rouler à une vitesse adaptée
Le second tombe en panne, il avertit son épouse et appelle une agence de dépannage
Le premier tombe en panne, inspecte son moteur, démonte la pièce jugée fautive, qui, finalement fonctionnait parfaitement, cherche conseil auprès de ses amis, démonte complètement son moteur, essaye de le remonter sans y parvenir, peste contre le manuel qui ne donne pas « les informations nécessaires pour s’en sortir tout seul », et appelle finalement le dépanneur, qui procède au remplacement de la pièce fautive, que de toute façon il ne possédait pas (oui, la question est : Pourquoi n’a-t-il pas appelé son épouse ?)
En fait, le Linuxien a un petit problème : Il veut tout maitriser, tout contrôler, convaincu que « quelqu’un lui cache quelque chose ». Il est en quête d’une « vérité » forcément dissimulée au « profit des multinationales » et autres voleurs organisés qui ne sont là que pour dépouiller la veuve et l’orphelin
Ce modèle est évidemment faux : Il est impossible de vivre isolé en société, et l’autre possédera toujours une pièce qui ne fait pas partie de son assortiment
Comme dans la mécanique aujourd’hui, Linux est devenu si complexe, que même en disposant de son code source, il n’est pas possible pour un informaticien de corriger le bug rencontré, qui reste l’apanage des développeurs Linux, soit des spécialistes très pointus travaillant pour la plupart dans des multinationales, comme Red Hat ou Novell, des entreprises cotées en bourse
Mais l’illusion perdure...